- Raisons de Jeunes
- Les Maisons de Jeunes aujourd'hui : champs de batailles ou champs de coquelicots ?
- La citoyenneté en centres de jeunes : Rapport de la sous-commission citoyenneté de la commission consultative des centres de jeunes
- Jeunes, maisons de jeunes, violences : quelle est la question ? Paroles, regards et analyses pour comprendre et agir
- Maisons de jeunes en milieu rural : Réalités et perspectives
LES MAISONS DE JEUNES AUJOURD'HUI : CHAMPS DE BATAILLES OU CHAMPS DE COQUELICOTS ?
LES DEFIS DU VIVRE
ENSEMBLE
Octobre
2004
Pourquoi ce dossier ?
Beaucoup d'animateurs,
depuis de nombreuses années, témoignent des difficultés vécues dans les Maisons
de Jeunes pour rendre les jeunes capables de démarches à la fois solidaires et
respectueuses de l'intérêt général. Le titre « Champs de batailles ou
champs de coquelicots » évoque humoristiquement les difficultés vécues,
entre le champ de bataille permanent que les animateurs doivent gérer et le
rêve d'un champ de coquelicots doux et apaisé. Nous savons que ce sont là deux
extrêmes et qu'il nous faut naviguer entre les deux.
Les Maisons de Jeunes
doivent proposer aux jeunes un parcours pour entrer dans le vivre ensemble et
dans le droit démocratique.
Comment utiliser ce dossier ?
Ce dossier permet un
usage multiple selon vos besoins et objectifs. Il propose dès le départ cinq
situations emblématiques et représentatives des difficultés rencontrées sur le
terrain des Maisons de Jeunes aujourd'hui. Il s'agit chaque fois d'un cas
concret reconstruit en fonction de paramètres types. Vous pourrez donc vous
projeter dans ces situations et faire le lien avec les vôtres.
Ces cinq situations
permettent d'inventer un trajet éducatif et culturel susceptible de favoriser
une évolution positive : à chaque situation correspond donc un chemin
proposé comme un fil d'Ariane. Mais il est possible aussi de combiner plusieurs
trajets, en croisant les éléments issus de différentes situations-types.
Chaque situation sera
indiquée par un onglet en bord de page vous permettant de retrouver rapidement
le cas-type qui vous convient. De même, l'articulation synthétique des
différents trajets en final du dossier sera aussi indiquée par un onglet.
En introduction, vous
trouverez racontées des situations emblématiques avec les questions éducatives
qu'elles posent. Ensuite, vous seront proposés des fils rouges pour construire
une philosophie de l'action. Et enfin, dans le corps du document, chaque
situation sera développée et traitée selon les repères suivants : le
diagnostique, les fils rouges pour agir et le trajet de l'action.
Qui a participé à ce dossier ?
Des animateurs en maisons
de jeunes, et des membres de la FMJ.
Majo Hansotte s'est occupée
des repères méthodologiques et de la rédaction, dans le cadre d'une mission pour la DG Culture portant sur
l'Education non formelle et la participation citoyenne des jeunes.
Avec le
soutien de la Communauté française Wallonie Bruxelles.
La
citoyenneté en centres de jeunes : Rapport
de la sous-commission citoyenneté de la
commission consultative des centres de jeunes
Juin 1994 -
février 1997 - augmenté en 2002
Pourquoi cet ouvrage ?
A
travers son action, la sous-commission « citoyenneté » a voulu
s'interroger et faire le point sur le sens qu'a aujourd'hui pour le secteur
cette phrase désormais célèbre de l'Arrêté Royal de 1971 établissant les
conditions d'agrément et d'octroi de la subvention aux MJ et associations
assimilées : « devenir des citoyens responsables, actifs et
critiques », les fameux « CRAC ». Une phrase aujourd'hui connue,
en effet, et qui résume autant l'esprit du texte que celui d'une époque dont il
est le fruit.
Un
quart de siècle plus tard, nous avons voulu tenter d'identifier les pratiques
du terrain mais également les pièges et les freins qui font obstacle à une
totale application des intentions « citoyennes » de l'arrêté
fondateur.
Nous
avons voulu finalement amorcer des pistes qui permettraient de renforcer la
formation à la citoyenneté dans un contexte économique, culturel et social
profondément modifié.
Naissance et mise en place
du projet
En
janvier 1994, lors des Assises des Centres de Jeunes, un atelier se penche sur
le thème « Crise et non emploi, jeunesse et citoyenneté : un couple
impossible ? ». Dès cette époque, un sentiment de découragement et
d'impuissance commence à faire surface devant certaines attitudes des jeunes
mais aussi devant l'impression de voir une jeunesse étouffée par la crise, le
chômage et la société de consommation.
Ce
sentiment va jusqu'à conduire quelques uns des participants à remettre en cause
le principe, fondateur de CJ, de la participation. Pourtant,
en même temps persistent une conviction, un désir et une volonté d'exploiter et
de chercher une nouvelle manière d'emprunter les pistes de la citoyenneté.
C'est
dans ce contexte-là que la Commission Consultative des CJ décide alors de
mettre en place une sous-commission « citoyenneté » regroupant des
représentants des fédérations et de centres de jeunes mobilisés par ce thème de
réflexion.
La
mission de ce groupe consiste à mettre en évidence tout le travail réalisé dans
cet esprit sur le terrain, les expériences, les pratiques, et de formuler sur
cette base des propositions d'action et d'analyse.
Comment ?
Sur base d'une définition
commune du projet ( un souci de définir le concept « citoyenneté »,
un cadrage dans un contexte bien précis, une identification d'un questionnement
à travailler avec les acteurs de terrain), sur des recherches diverses de
personnes ressources pour un apport méthodologique, des rencontres avec les
jeunes et avec les animateurs pour leurs points de vue et leurs apports
concernant la citoyenneté, d'un débat avec des représentants des Services de
l'inspection et de la jeunesse, la
sous-commission a pu constater et proposer... d'où cet ouvrage !
Jeunes, maisons de jeunes, violences :
quelle est la question ?
Paroles, regards et analyses pour
comprendre et agir
Introduction :
La
recherche-action menée par la FMJ ASBL est partie d'une demande de certaines Maisons
de jeunes confrontées à des difficultés liées à la violence, demandeuses de solutions
à des événements qui apparaissaient clairement problématiques. Il fallait apporter
une réponse rapide, la plus adéquate possible, à ces réalités difficiles (accompagnement
sur le terrain, renvoi éventuel vers des institutions spécialisées).
La
réalité des Maisons de jeunes est particulière (le Décret instituant,
l'importance de l'accueil, de la culture et de l'expression, de la participation
et de la citoyenneté) pour y réfléchir aussi d'une manière particulière.
Un
travail de fond a été posé, destiné à mieux comprendre le rapport des jeunes et
des animateurs à la violence et à réfléchir à des pistes de solutions correspondant
aux cadres des Maisons de jeunes.
Deux
étapes de cette recherche - action ont été importantes :
-
entendre et écouter la parole des jeunes à propos de la
thématique particulière de la violence et de leur rapport à celle-ci à
création d'un recueil et analyse des propos ;
-
réfléchir aux pistes les plus adéquates pour travailler sur
cette problématique (à partir de l'expérience des coordinateurs et animateurs
des Maisons de jeunes), pistes applicables aux Maisons de jeunes, tenant compte
de leurs réalités de terrain mais aussi des finalités qui les fondent (cf. le
Décret du 20 juillet 2000). Notre souhait de travailler avec les
administrateurs n'a, lui, pu être réalisé.
Ce
projet « paroles de jeunes autour de la violence » se conçoit comme un travail exploratoire.
L'approche se veut résolument qualitative et entend, dans un premier temps,
partir exclusivement du point de vue des jeunes. Ce travail exploratoire aurait
pu se suffire à lui-même.
Mais
tel n'était pas l'objectif. Nous souhaitions travailler en deux temps, le
recueil et l'analyse.
La
méthodologie pour le recueil des données :
C'est
la technique des entretiens semi directifs qui a servi de base pour recueillir
les informations souhaitées au travers de la narration de moments de la vie des
jeunes.
La
thématique choisie au départ, à savoir le rapport des jeunes à la violence, a
eu pour rôle de focaliser les récits sur une certaine catégorie de phénomènes.
Grâce à cette technique, nous avons cherché à saisir non pas la subjectivité
des jeunes, mais, à travers leur subjectivité, certains aspects de la réalité
sociale. Réalité sociale qu'ils participent à créer tout en étant déterminés en
partie par elle.
Nous
désirions offrir aux jeunes un espace dans lequel ils puissent s'exprimer sur ce
qui leur semblait important de nous dire, sans imposer d'emblée des questions pré-formulées
de manière précise.
La
méthodologie pour la participation active du jeune :
Un
des aspects méthodologiques sur lequel nous désirions insister était la nécessaire
participation active des jeunes dans le processus de recherche. Nous leur avons
d'ailleurs transmis la retranscription de leur interview. Un travail collectif
sur les paroles individuelles a lui aussi été mené, permettant à d'autres jeunes
d'exprimer leurs sentiments sur la manière dont les paroles ont été retransmises,
d'apporter des précisions sur des contenus ou de remettre en questions certains
aspects qui leur paraîtraient non pertinents.
La
méthodologie pour l'analyse de contenu :
L'objectif
de l'analyse de contenu était de retrouver la logique et les significations intrinsèques
du vécu, de mettre en évidence les constantes des récits, les régularités qui
constituent le fond commun aux réponses des sujets. L'analyse que nous
proposions au départ était de type ouvert, c'est-à-dire que, puisque celle-ci était
inévitablement tributaire de ce que nous avaient dit les jeunes, le cadre n'en était
pas fixé à l'avance de manière rigide.
Cette
analyse devait nous permettre d'émettre ultérieurement quelques hypothèses
quant aux raisons qui amènent les jeunes dans des processus appelés « violence
» et qui posent parfois (souvent) problème. Concrètement, des grilles de lecture
et des catégories ont été pensées de manière à ventiler les discours efficacement
sans les déformer ni laisser un lourd résidu inexploité.
Ces
grilles de lectures ont été élaborées en fonction de la visée théorique qui a déterminé
les consignes du recueil de données : le canevas d'entretien nous a fourni les
thèmes principaux et la lecture de l'ensemble des récits nous a donné des catégories
a posteriori.
Qui a participé à cet
ouvrage ?
La Recherche - Action -
Formation ainsi que la rédaction ont été pris en charge par la
Fédération des Maisons de Jeunes, avec le soutien du Service Jeunesse de la
Communauté française.
Maisons
de jeunes en milieu rural :
Réalités et perspectives
Mai
1988
Pourquoi cet
ouvrage ?
Les
MJ en milieu rural sont des lieux aux ressources inexplorées, des lieux
porteurs non seulement de tradition mais aussi d'enjeux nouveaux. Nous avons cherché
à développer ce postulat de départ à travers cet ouvrage.
A
l'initiative de cette recherche : des animateurs - coordonnateurs de MJ en
milieu rural, des travailleurs donc, soucieux de faire connaître et reconnaître
leur action de base vécue comme spécifique, désireux de mettre en évidence
leurs perspectives mais aussi leurs difficultés et leurs contraintes.
Nous
avons choisi une démarche prospective nourrie par les réalités du terrain. Ceci
implique nécessairement deux phases, deux axes de travail complémentaires :
une phase descriptive et une phase prospective.
Nous
avons voulu favoriser la capacité de la MJ à devenir agent de développement
local, voire régional.
En
Bref, nous avons voulu que les MJ en milieu rural prennent conscience de leurs
ressources et du rôle prépondérant qu'elles peuvent jouer dans le développement
culturel de nos régions.
L'enquête : choix
d'une méthode :
Afin
de répondre à la demande exprimée par certains animateurs de MJ rurales, nous
avons, dans un premier temps et ceci afin de mieux comprendre la réalité des MJ
et de ce milieu, rencontré la plupart des MJ affiliées à notre fédération et
qui pouvaient se définir comme MJ en milieu rural. Ce premier tour d'horizon
nous a permis de dégager certains modèles dominants.
Dans
un second temps, nous avons examiné de manière plus approfondie certaines de
ces MJ qui nous semblaient plus représentatives des modèles dégagés.
Dans
chaque MJ approchée de manière approfondie, nous avons rencontré
séparément : les jeunes (notamment les jeunes impliqués dans le conseil
des jeunes et/ou le conseil d'administration), les animateurs (animateurs,
coordonnateurs, tous membres de l'équipe collégiale impliqué dans l'animation),
les responsables (les membres du conseil d'administration ou du comité de
gestion).
Chacun
nous a donné sa perception de la réalité interne de la MJ et de son apport à
l'environnement selon des thèmes donnés bien précis.
Les réalités des MJ en
milieu rural
Les
MJ en milieu rural se caractérisent par leur implantation dans un milieu
géographique éloigné d'un centre urbain et dans une communauté circonscrite en
nombre d'habitants.
Nous
avons pu dresser le portrait de trois MJ « modèles » différentes (la
MJ communautaire, la MJ à public ciblé et la MJ à cohabitation conflictuelle)
tout en tirant des conclusions sur leurs ressources mais aussi leurs limites.
Nous
avons souligné les lignes de force ou enjeux qu'il nous semblait nécessaire de
renforcer pour un développement de la MJ rurale mais aussi pour que cette MJ
devienne un agent de développement au niveau local et régional.
Qui est à la base de cet ouvrage ?
A l'initiative des
MJ de Havelange, Opheylissem, Rochefort et
Sprimont.
Recherche, rédaction
et méthodologie : la FMJ.
Illustrations : Pierre
Kroll.