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HISTORIQUE DES MAISONS DE JEUNES ET DE LA F.M.J.

De 1945 à 1950 : éveil de la conscience politique.

Dès la fin de la guerre, les responsables politiques de notre pays prirent conscience de l'importance des Mouvements de Jeunesse vu le rôle actif qu'ils avaient tenus dans le conflit armé : en effet, certains d'entre eux avaient pris part à la résistance armée alors que d'autres avaient assuré leur soutien à l'ennemi.

Force était de constater que certains de ces mouvements avaient donc développé chez les jeunes l'idée de citoyenneté responsable et critique, garante de l'idéal démocratique. D'autre part, il fallait veiller désormais à intégrer les jeunes à des structures qui garantissaient un éveil à cette citoyenneté afin qu'ils puissent s'opposer à tout régime dictatorial futur qui essayerait d'imposer ses lois à notre pays.

A l'issue de la guerre aussi, apparurent les premières Maisons de Jeunes qui étaient essentiellement destinées à soustraire les jeunes de la rue et à leur offrir un lieu d'accueil et de rencontre où ils pouvaient se livrer à des activités récréatives et éducatives.

L'Etat Belge prit donc la décision de soutenir ces deux types d'action sur le terrain, conscient que Démocratie et respect des Droits de l'Homme étaient des notions présentes dans la philosophie de ces initiatives.


Les années 50 : la Maison de Jeunes est née

Suite à la prise de conscience par nos politiciens de la force de la jeunesse, une aide pécuniaire fut attribuée par l'Etat :
- aux Mouvements de Jeunesse à structure pyramidale (national, régional, local), l'aide étant apportée au niveau national ;
- aux associations locales qui développaient une action d'ordre social et occupationnel

En 1950, la première « Maison de Jeunes » (le mot fut officialisé à cette époque) s'ouvre à Bruxelles et obtient, par le biais de l'aide aux actions locales, le soutien des pouvoirs publics.

Cette première association avait pour objet la création, la gestion et le contrôle de la MJ et mettait à disposition de la jeunesse un centre d'accueil (salle de réunion, restaurant, bar,...), des activités récréatives et éducatives, des salles pour les associations de jeunesse,... L'association veilla bientôt à créer et/ou à aider d'autres Centres, si bien qu'en 1955, elle modifiait sa dénomination et devenait la « Fédération Belge des Maisons de Jeunes et de la Culture ». La FBMJC avait pour objet social la création, la gestion, l'aide morale et matérielle des centres d'accueil, d'hébergement issus de la MJ fondée en 1950 ainsi que ceux qui demanderaient son appui.

Jusqu'au début des années soixante, les montants octroyés aux MJ furent progressifs et proportionnels à la durée d'existence de l'initiative. Ils atteignaient le maximum dès la troisième année.

Il est à noter que les Maisons de Jeunes n'employaient que des bénévoles, la participation des pouvoirs publics n'était destinée qu'à financer le fonctionnement de la Maison.

Les années 60 : naissance d'un débat autour de la participation et du professionnalisme.

Dès 1965, les promoteurs et les acteurs du projet « Maisons de Jeunes » se penchèrent sur la responsabilité du jeune dans la gestion de la MJ ; la logique occupationnelle qui avait prévalu jusqu'alors fut remise en question. La participation des jeunes aux structures de la Maison de Jeunes, aux prises de décision et donc à sa gestion apparut comme une exigence de terrain.

Cette idéologie, renforcée par les événements de « mai 68 », devait être prise en compte, de même que la volonté de confier à des professionnels de l'animation la responsabilité de la Maison de jeunes.

Les Maisons de Jeunes, de même que les Organisations de jeunesse, revendiquèrent un Arrêté Royal qui tenait compte de ces réalités et qui permettrait désormais d'octroyer aux initiatives les moyens adéquats en termes de subsides pour développer et améliorer leur action.

De l'Arrêté Royal de 1971 à sa modification en 1979

En 1971, les MJ obtenaient leur Arrêté Royal qui, d'une part, concrétisait l'idéologie défendue par le terrain, et d'autre part, définissait les critères d'agrément d'une Maison de Jeunes.

Au début des années 1970, d'autres initiatives virent le jour, telles les Infor Jeunes (structure s'inscrivant dans la participation du jeune), les Centres d'Hébergement et les Auberges de Jeunesse (structures participant à la politique d'échange entre jeunes belges et étrangers). Elles réclamèrent légitimement leur place dans l'Arrêté Royal « MJ » afin de jouir des mêmes subsides que ces dernières.

L'AR de 1971 fut modifié en 1979 dans le but d'y inclure ces deux autres types d'action, à caractère plus régional que local. Dès lors, les MJ, les Infor Jeunes et les Auberges de Jeunesse recevaient l'appellation de Centres de Jeunes, engendrant nécessairement une confusion dans les rôles tenus par chacun d'eux.

Des années 1980 à nos jours

Durant les années 80, les MJ cherchent à diversifier leurs projets et à les articuler aux réalités socio-économiques en crise et mutation. Ce qu'elles ont fait d'ailleurs tout en restant des lieux de « résonance culturelle ».

La caractéristique des années 90, c'est tant le sentiment général d'insécurité que les différentes formes d'exclusion : le défi pour les MJ était donc de devenir des lieux où on « apprend » la citoyenneté au sens large du terme et où on découvre les bases d'une solidarité réelle. En effet, si à leur naissance, les MJ ont misé sur le loisir actif et le parascolaire, elles s'en sont ensuite détachées pour s'orienter vers des préoccupations d'éducation permanente.

Après des années de négociations, de décrets avortés, de désintérêts, le Parlement de la Communauté française a voté, à l'unanimité, le décret du 20 juillet 2000 déterminant les conditions de reconnaissance et de subventionnement des Maisons de Jeunes, Centres de Rencontres et d'Hébergement et centres d'Information des jeunes et leurs fédérations.
Outre un refinancement du secteur et un texte législatif communautaire plus adapté qu'une vieille réglementation nationale, ce décret réaffirmait avec force les principes d'éducation permanente des Maisons et Centres de Jeunes contre toute dérive d'instrumentalisation sociale voire sécuritaire.