Antre’Toise n° 117«L’animateur socioculturel, un métier aux multiples tâches, exigences et enjeux.»

26 Oct Antre’Toise n° 117«L’animateur socioculturel, un métier aux multiples tâches, exigences et enjeux.»

Dans le dernier numéro de L'Antre'Toise, on a cogité sur un sujet capital pour notre secteur : «L'animateur socioculturel, un métier aux multiples tâches, exigences et enjeux.»

Bonne lecture et n'hésitez pas à nous partager vos réflexions!

Lorsqu’il m’a été demandé d’écrire un édito sur le métier d’animateur socioculturel, je me suis dit que j’allais relire le Décret[1] et que j’en apprendrais sans doute plus sur ce métier. Si le Décret ne définit pas ce qu’est un animateur socioculturel, il nous aide cependant à en dessiner les premiers contours. Par exemple, il précise qu’une association de jeunesse a pour fonction socioculturelle de favoriser l'analyse et la prise de conscience, par les jeunes, des éléments sociaux, culturels, économiques, politiques de leur existence. Il énonce également que l'activité socioculturelle est une initiative réalisée dans une perspective d'expression et d'émancipation des individus.

Ah oui… J’allais oublier… Un Centre de Jeunes doit, pour conserver son agrément, avoir pour objectif de favoriser le développement d'une citoyenneté critique, active et responsable, principalement chez les jeunes de 12 à 26 ans, par une prise de conscience et une connaissance des réalités de la société, des attitudes de responsabilité et de participation à la vie sociale, économique, culturelle et politique ainsi que la mise en œuvre et la promotion de pratiques socioculturelles et de création.

P’tain… Et moi qui croyais qu’être animateur socioculturel, c’était boire un verre avec les jeunes, organiser un match de foot, gratter la guitare avec eux… Et surtout être capable de les battre (ou pas) au kicker…

Parce que l’exigence est bien là. En plus de gratter cette guitare ou d’être un virtuose du baby-foot, l’animateur socioculturel en Centre de Jeunes se voit confier des missions fortes et engagées. On pourra lire dans les pages qui suivent qu’il n’est ni prof, ni éducateur, ni thérapeute, ni prosélyte, ni fournisseur de loisirs (c’est déjà ça !). Mais qu’il doit, avec les jeunes, développer l’esprit critique, favoriser l’expression de sa propre culture, impliquer des sujets citoyens dans leur environnement et leur histoire, conscientiser, émanciper, augmenter la puissance d’agir, développer une culture de résistance, faire œuvre de transformation sociale, développer la capacité d’être acteur, comprendre que les jeunes comprennent différemment d’eux (pas mieux, pas moins bien, mais à partir et dans d’autres perspectives). Rien que ça !

Les missions sont nombreuses et complexes et risquent d’en décourager plus d’un. À un professionnel qui déroulerait un curriculum avec toutes les compétences nécessaires pour faire de lui un parfait animateur socioculturel pour les jeunes, je préfère revenir à une expression clin d’œil qui m’a fait sourire, mais m’a aussi interpellé à la lecture des différents articles de ce numéro : Et si l’on se disait que l’animateur socioculturel était un « adulte alternatif » ? La référence à l’adulte maintient un certain cadre qui est bien souvent nécessaire. Mais l’expression complète invite à aller voir vers les ailleurs, à envisager des finalités en dehors des normes et habitus sociaux, à produire des méthodologies, des pratiques, des outils qui s’intéressent et s’engagent dans des chemins de traverse. Les missions restent les mêmes, mais cette référence au monde alternatif permet sans doute de se prendre moins la tête autour d’elles.

Si ça diminue la pression, ça n’en enlève en rien les exigences… M.Chambeau

[1] Oui, celui du 20 juillet 2000 déterminant les conditions d’agrément et de subventionnement des Maisons de Jeunes, Centres de Rencontre et d'Hébergement et Centres d'Information des Jeunes et de leurs fédérations.

 

 

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